La justice à la Belle époque, un tantinet vénère ?

Publié le : 25/01/2017 15:12:53
Catégories : Anecdotes

 

En France, le début du XXème siècle est une période aussi trouble qu’une soupe Royco. La jeunesse désabusée se révolte, s’organise en bandes, et saupoudre la capitale de vols, violence et meurtres. Les 70 000 gangsters parisiens, sont rapidement venus à bout des forces de l’ordre. Les magistrats se perdent dans des débats pour savoir quelle peine appliquer pour venir à bout de ce fléau, mais il n’y a pas franchement plus de décisions notables que durant le quinquennat d’Hollande. La violence des apaches ne décroit pas, au contraire, et ce phénomène commence à se propager dans la France entière. Du Nord-Pas-de-Calais à Marseille, les apaches ont instauré la Terreur rouge.  

Prenons l’exemple des Frères Pollet, dans le Nord. Aux alentours de 1900-1910, ils sont mieux connus sous le nom de Chauffeurs. C’était pas vraiment parce qu’ils avaient l’habitude de conduire des bagnoles. En réalité, ils avaient gagné ce surnom, grâce à leurs méthodes d’escroquerie : Ils brûlaient les pieds de leurs victimes au chalumeau pour leur faire dire où était caché leur magot. Vaste programme, n’est ce pas ?

Mais que faire quand, aller entre quatre murs, ne représente pour eux qu’un petit séjour balnéaire ; que faire quand, à Paris, passer par la prison de Fresnes n’apporte que titres de noblesse et respect ?

Les frères Pollet étaient réputés pour leurs cambriolages avec violence. En 1905, ils rouent de coups un vieil agriculteur qui avait eu le malheur de se réveiller au mauvais moment et avait surpris les braqueurs. En même temps, c’est con de sa part… Avec le climat de terreur de l’époque, valait mieux rester tranquillou dans sa chambre et attendre que ça passe. Bref, le vieux se réveille, se fait déboiter, et est laissé pour mort.

Après des procès à n’en plus finir, il a fallut attendre plusieurs années pour voir condamner les deux frères. Bon tu noteras que la sanction a permis d’être sur de ne plus les recroiser dans le coin : Tour de guillotine offert pour tout le monde. Dernier road trip en famille.

Mais la guillotine était une peine d’exception, et son utilisation restait très rare. Trop rare pour certains, à l’instar du journal Matin, qui est allé jusqu’à dénoncer le chômage de la machine : “La veuve dort depuis bien trop longtemps […], elle attend le fiancé de choix, promis à ses ardeurs. “

Comme des gosses le 25 décembre au matin, les magistrats trépignent d’impatience de pouvoir utiliser encore plus leur jouet, mais la découpe-gueule commence à être un peu trop vintage, un peu trop XVIIIème siècle, tu vois ?

Souvent copié, jamais égalé, le bagne reste la punition au rapport qualité-prix le plus fiable. Tu bazardais un apache là-bas pour quelques années et t’étais à peu près sûr que ce qui allait en revenir ne risquait plus de faire de cambriolages. Prenons l’affaire Casque d’Or, qui sera développée plus en détails dans un autre article… Enfin on verra… C’est vrai que ce serait bien… bon on verra. Bref, grosso merdo, il y avait deux chefs de gangs qui se battaient pour la même prostituée sur laquelle ils avaient flashé. Résultat, ils ont décidé de se taper sur la gueule et celui qui sortirait le moins abimé, gagnerait Casque D’or, la fameuse nana sexy aux boucles blondes. Les deux loustiques, Manda et Leca, se sont tapés dessus, et c’est Manda qui a finit transporté à l’hôpital, déboité. Presque inconscient, il murmura quand même qu’il voulait se venger de Leca. Un argousin entends ça ; comprend de qui il s’agit, et réussit à inculper Leca, et par la même occasion Manda. Bilan des courses, bagne pour Tic et Tac, avec huit piges pour Manda et perpèt’ pour Leca. Manda s’est fait tuer en revenant en France, Leca est mort là-bas.

Embarquement pour le bagne 

Bref, les punitions étaient bien plus vénères qu’aujourd’hui, et les résultats commençaient à pointer le bout de leur nez, mais assez vite, les apaches ont eu le droit à un tout nouveau forfait rédemption : Enrôlement de force dans l’armée pour la guerre 14-18. Pendant quatre ans, des promos de p’tits gars sont partis là-bas, sans jamais revenir, éclaircissant dramatiquement les rangs des apaches.

 

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