Les gangsters parisiens auraient surkiffé Woodstock

Publié le : 11/01/2017 14:11:40
Catégories : Anecdotes

 

Pour te resituer rapidement le contexte, t’es sur la période de 1900 à 1915, et des gangsters, qu’on surnomme les apaches, mettent la capitale à feu et à sang. Et puis ils ne sont pas qu’une vingtaine, hein ! Rien qu’a Paris y en a 70 000. Et la mode s’est rapidement propagée dans toute la France. 

Avec leurs chaussures toujours brillantes, leur chemise fripée et leur pantalon patte d’Eph, ils sont spécialisés dans le bonneteau, le proxénétisme, et le vol en tout genre. Par contre, ils ont une fâcheuse tendance à saupoudrer leur CV d’actes un petit peu plus violents. Les formes et la manière étaient, très souvent, oubliées à la maison. Parce que je peux te dire qu’on avait affaire à des bourrins : ils faisaient disjoncter la renifle, en raflant tout ce qu’ils trouvaient, martyrisaient la populace et se foutaient sur la tronche. Pour te donner un exemple précis, à Belleville, un matin, les habitants ont vu passer un cheval où était ligoté un homme, à la langue coupée. On avait scotché au julot, une petite lettre « Voilà comment nous punissons les traitres ». Radical, certes, mais en même temps, peut-être que le mec avait vraiment fait une connerie, on sait pas…

Il faut ajouter aussi que c’était pas qu’un truc d’hommes hein ? Les nanas aussi se houspillaient comme il fallait. Tiens, il y a l’histoire des deux jeunettes, de 20 et 23 piges qui avaient un petit différent et qui ont décidé de le régler en place publique, à grand coup de sac de sable sur le minois. Résultat : La plus jeune, Louise Hénin, a gagné un séjour sans frais payé à l’hosto ; éclatée

Mais pourquoi ils font ça et pourquoi ils ont été si importants ? Une analogie pas trop stupide serait avec Mai 68 ou Woodstock au States. Pourquoi y a eu Mai 68 ? C’était pas que pour offrir des vacances prolongée à Cohn-Bendit et ses potes. C’était surtout car le lien entre les différentes générations avait craqué. Les jeunes ne comprenaient plus les vieux ni le système archaïque de leur époque, et les vieux ne considéraient pas la génération qui arrivait. Woodstock en août 69, c’était le même délire. 500 000 jeunes qui se regroupent au milieu d’un champ autour de valeurs d’amour et de paix, dans un contexte tendu où l’armée américaine abreuve le Vietnam au Napalm.  L’époque des apaches montre grosso merdo les mêmes symptômes. Une véritable quête identitaire, face à un système défaillant, qui s’est faite dans la douleur et les conflits.

 

C’est ça qu’il faut que tu comprennes. C’est que derrière tout ca, il y avait une véritable revendication générationnelle. Ces types-la étaient profondément déçus du système. Ils avaient la guerre de 1870 dans les pattes, et la première guerre mondiale pointait le bout de son nez, donc l’ambiance n’était pas ouf, ouf. Tu rajoutes à ça le fait qu’ils étaient tous parqués comme du bétail dans des banlieues ouvrières… Bref, les apaches ont craqué et se sont mis en quête de liberté.

Ils ont décidé de façonner leur propre monde, avec leurs propres lois, et leur propre code d’honneur.

            

Bonneteau : Escroquerie

La renifle : Les flics

Un julot : Un type

 

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